
En cyclisme, un bon réglage de hauteur de selle permet d’améliorer le confort et d’obtenir un meilleur rendement. Vincent Blondeau, expert en ergonomie du cyclisme, nous présente comment calculer sa hauteur de selle afin d’optimiser son coup de pédale sur le vélo.
La hauteur de selle va permettre (avec le recul de creux de selle) de définir le mouvement réel que va parcourir le pied lié à la pédale. De cette circonférence ovoïde et de l’orientation du pied vont dépendre les forces appliquées sur la pédale et leur rendement (différence entre les forces utiles et celles inutiles car mal orientées).
Avis de spécialistes sur la hauteur de selle
« Les fondamentaux du cyclisme » – Christian VAAST :
« Une bonne hauteur de selle permet au genou d’être légèrement fléchi lorsque la pédale est en bas. Aucun déhanchement ne doit être constaté de l’arrière. L’angle du genou doit être compris entre 150 et 155 degrés, cela permet une décompression et évite des douleurs articulaires. »
Hs = hauteur de selle en cm = (0.883 x EJ) + (1.11 – C/J) x 50
EJ = entrejambe en cm
C = longueur du fémur en cm
J = longueur du tibia en cm
« Cyclisme et optimisation de la performance » – Frédéric GRAPPE :
« HS = Varier la hauteur de selle sans changement de la position du guidon conduit a varier l’angle de travail des différentes articulations (hanches, genou, chevilles et pieds). »
Influence de la hauteur de selle sur la dépense énergétique
Il a été démontré qu’il existe une hauteur de selle optimale (distance pédale – selle) pour laquelle la dépense énergétique est minimale car les articulations et les muscles travaillent dans des conditions optimales. Chez les cyclistes, cette hauteur de selle est proche de 106 /109 % de la longueur du membre inférieur (distance pied – symphyse pubienne ou EJ) ou 100% de la distance grand trochanter – sol. Une hauteur de selle égale a 105 % de la longueur du membre inférieur permet d’augmenter significativement la puissance maximale développée.
Technique de pédalage assis
Sur le plat, la vitesse de déplacement élevée entraine une inertie élevée du système « coureur-bicyclette » qui se déplace. Lorsqu’un pied pousse sur la pédale, il devient très difficile pour l’autre pied de tirer sur l’autre pédale lors de la phase de remontée. Tirer sur la pédale avec le talon bas oblige a contracter le muscle jambier antérieur pour maintenir le talon dans une position basse. Cela demande un travail supplémentaire pour fixer l’articulation de la cheville. De plus le point mort haut est plus difficile à passer avec le talon en position basse.
Voyons ce que cela donne comme hauteur de selle…

En partant du profil de cycliste suivant :
EJ = 797 mm
M = 170 mm
Chaussures = SIDI R215
Pédales = LOOK Delta
C = 570 mm
J = 490 mm
Longueur pied = 255 mm
Longueur Meta = 70 mm
FG = HS = mini 674 / maxi 698
Selon Christian Vaast (« Les fondamentaux du Cyclisme« ) :
HS = 701.18 mm
Selon Mecacote :
HS avec pédales LOOK DELTA et chaussures SHIMANO = 703 mini à 705 maxi
HS avec pédales TIME et chaussures SIDI = 687 mini 690 maxi
Mecacote utilise dans ses différents calculs :
– EJ mesurée pieds écartés de 35 cm (ext/ext)
– Pression de la toise qui remonte un jet de diamètre 40 mm (largeur du bec de selle) en fonction du poids de corps du ou de la cycliste pour provoquer une pression représentative du poids qu’aura a supporter la selle et le périnée.
– Hauteur sur axe de la pédale
– Cambrure de la chaussure
– Longueur du pied
– Longueur des méta
Le but de cette valeur de Hauteur de Selle étant de permettre d’obtenir le meilleur rendement du coup de pédale pour arriver (20° avant le PMH) avec un talon très haut. Pour que ce talon soit très haut au PMH il faut qu’il soit très haut au PMB sinon il est impossible aux fréquences de pédalage que nous recherchons (les plus élevées soit entre 90 et 120 tr/mn) de changer la position de l’inclinaison du pied entre ces deux points. De plus, nous préconisons de « lever les genoux » pendant le pédalage pour éviter à la pédale remontante de peser inutilement, sachant que vouloir tirer sur la pédale à ces fréquences de pédalage est pratiquement impossible.
L’objectif de cette Hauteur de Selle étant d’optimiser les appuis des pieds et la fréquence de pédalage pour limiter :
– les tensions musculaires
– les contraintes tendineuses
et :
– favoriser le retour veineux
– minimiser les forces mises en œuvre
L’utilisation des plateau ROTOR étant dans ce domaine un plus puisque nos test de terrain on permis de constater que nous avions gagné 10 % de vélocité moyenne donc » économisé » 10 % de force.
Si il existe de nombreuses méthodes pour calculer sa hauteur de selle, une étude posturale personnalisée couplée avec des tests sur le terrain doivent permettre d’optimiser ses réglages et de trouver le compromis idéal entre confort et performance. Un bon réglage de la hauteur de selle peut également permettre d’éviter des problèmes d’impuissance.
Pour partager les informations sur l’ergonomie en cyclisme : www.mecacote.com
A lire également :
– L’étude posturale en cyclisme : bien régler sa position sur son vélo
– Les principales pathologies du cycliste : causes et solutions
– Améliorer sa technique de pédalage en cyclisme
Entraînement cyclisme – Le blog Blog de Thibault RICHARD, entraîneur en cyclisme